Rien n'est perdu. Mais il faut agir. Pas comme dans les anciens appels avec sacrifice, mais si avec determination, parce que le sacrifice n'est parti du vocabulaire des révélations. Rien n'est perdu, parce que la liberté n'est pas un mot d'espoir, sinon de réalité. De la possibilité de raisonner, débattre, transformer et créer, sans détruire, même si tout cela peut ressembler à un cri de guerre. Il faut être plus que résistants, des forces intenses sont en train d'attendre, mais il est temps de se déployer. Pas de passivité et abnégation, la liberté, la fraternité mais aussi la grandeur humaine qu'écrase les ennemis de la vie dans les heures les plus obscures, arrivera, parce que l'humanité est appelle. Il était évident qui s'en souciait et qui s'en fichait. Ceux qui ne l'appelaient que lorsqu'ils avaient besoin de quelque chose (car tout travail est plus important) et ceux qui étaient vraiment à ses côtés. Sont à ses côtés. Et cherchent à faire partie de sa vie. Même s'ils ont toutes les excuses du passé pour l'éviter. Et s'il appelait à une des elles? Avec une certaine méfiance, il vit comment son manque de transcendance et d’importance le condamnait à un silence accepté, et il se demanda aussi si on appelle l'humanité?. Comme toujours, certain de son désordre d'idées, l'appel ne sera que du bruit et il ne pourra même pas lever les yeux du sol.
Les humanes "humanistes" doivent appeler. Les intellectuelles, malgré la peur, sont la conscience d’un monde dans lequel non seulement la connaissance, mais aussi l’empathie et la réflexion, au-dessus de toutes les croyances et sensations, doivent sauver des vies et transformer la civilisation. Les autres, les esclaves et les serviteurs comme eux, tout aussi paniqués, désirent cette motivation et cette inspiration visibles. Il était évident que les vautours tournaient autour de la viande fraîche et visible. Peu d'entre eux exploraient ou grattaient le sable ou l'herbe. Certains oiseaux, cependant, exploraient, choisissaient, chassaient. Ils grattaient et sélectionnaient. Mais bref… c'étaient des mots de haine. Et c'est la haine qui avait fait retomber sur tous le pouvoir de quelques-uns. Il le savait. C'est pourquoi il avait fui dans les montagnes. C'est pourquoi, lorsqu'il était descendu au village, il préférait être un étranger plutôt qu'un inconnu. Heureusement, plus personne ne le reconnaissait. Et les vautours ne remarquaient personne qui bougeait.
Assez de violence pour le gain, la cupidité et de pouvoir pour le pouvoir. Il n'est possible plus de tolérer la mesquinerie ni l'homogénéisation de classe qui va à l'encontre de l'égalité des droits. Il est temps d'instaurer la justice humaine, et non la promesse d'une justice ésotérique et divine inventée par les humains. La civilisation s'effondre. Mais il est impossible que les humains meurent et que la vie continue d'être constamment menacée, à cause de l'apathie, de la peur et de toute la haine dirigée contre l'extermination de la diversité. De l'autre. C’est là que la lutte pour sauver devient relevant. Il avait été choqué d'apprendre que William avait lui aussi été trahi des années auparavant. La trahison semble donc plus courante qu'on ne le pense. Uil'yam lui avait dit cela pour expliquer ses décisions ultérieures, mais il n'y avait vraiment rien à expliquer. C'étaient des décisions prises et vécues, pour le meilleur et pour le pire, et il était évident qu'elles finiraient comme elles l'avaient fait maintenant. Leurs histoires temporelles avaient également pris fin, se dit-il en l'écoutant et en voyant les yeux désormais âgés d'Uil'yam s'humidifier d'un triste souvenir. Combien de temps cela avait-il duré ? Quarante ans ? Peu importait. C'était la vie, et le plus beau, c'est qu'elle raconte ce qu'il avait vécu."

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